ASSISES NATIONALES DE L’ASSOCIATION POUR LA PROMOTION DE L’ECO-EFFICACITE ET LA QUALITE EN ENTREPRISE SOUS LE THEME

« L’ENTREPRISE ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE EN MEDITERRANEE »

 

MESSAGE

(Alger, lundi 1er décembre 2008)

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

La préservation de l’environnement et du développement durable constitue le défi essentiel de notre temps.

 

Depuis quelques décennies, la communauté internationale semble avoir pris la mesure de la gravité de la situation actuelle. Il n’est que d’observer la multiplication des grands rendez-vous internationaux depuis la Conférence sur l’Environnement tenue à Stockholm en 1972, à celle de Johannesburg sur l’Environnement Durable en 2002, en passant par le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, pour se rendre compte de l’intérêt —et de la préoccupation— suscités par cette situation.

 

Ces réunions ont permis en particulier l’adoption de quelques instruments juridiques internationaux concernant notamment la biodiversité, la désertification et les changements climatiques.

 

Ces conventions, auxquelles l’Algérie est partie présente, constituent un embryon de gouvernance environnementale mondiale qu’il convient d’élargir et d’approfondir pour la survie des générations futures.

 

L’exploitation inconsidérée de nos ressources animales et végétales a conduit à la dégradation chaque jour plus inquiétante de la diversité biologique qui est essentielle à l’équilibre de notre planète. Cette dégradation, qui se traduit par la disparition de milliers d’espèces et la raréfaction de milliers d’autres, met en péril le mode de vie et les emplois de millions d’hommes vivant, notamment, de la pêche et de l’exploitation forestière.

 

La désertification, consécutive à la déforestation, à une exploitation irrationnelle des sols et aux dérèglements climatiques, menace des régions entières de la planète. L’Algérie, dont les trois quarts du territoire sont situés en zones aride et semi-aride, est directement concernée par ce phénomène.

 

Le changement climatique est, incontestablement, le défi le plus grave et le plus urgent auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, tant par l’ampleur des destructions dont il est porteur que par la complexité des réponses qu’il exige à tous les niveaux. Il est, à cet égard, établi de manière claire que les retombées de ce phénomène seront plus dramatiques pour les populations les plus pauvres et les plus vulnérables vivant dans l’hémisphère Sud e,t en particulier, en Afrique, alors que la responsabilité essentielle dans le réchauffement de la température de la planète, à travers les émissions de gaz à effet de serre, incombe aux pays industrialisés. C’est ainsi  que  le  continent africain, qui n’est responsable que de 7 % de ces émissions, subit déjà de plein fouet les retombées dramatiques des changements climatiques qui se manifestent par des sécheresses plus fréquentes et des inondations catastrophiques.

 

L’une des conclusions principales des débats engagés ces dernières décennies est que des progrès sensibles en matière d’environnement et de développement ne sont guère réalisables sans une amélioration significative de la gouvernance environnementale mondiale, régionale et nationale.

  

Au plan mondial, il est urgent que le partenariat en faveur des plus démunis et des plus vulnérables se mette en place en vue d’améliorer la capacité des pays en développement, à mener des politiques efficaces de protection de l’environnement et de développement durable, à travers notamment un accroissement des ressources financières allouées à ces pays et un transfert de technologies propres. Dans cette perspective, le concept de responsabilité partagée mais différenciée a été récemment mis en place par la communauté internationale en vue de bien distinguer la part de chacun dans la prise en charge du fardeau de la protection de l’environnement à l’échelle planétaire.

 

Au plan régional, l’Algérie inscrit son action dans les différents regroupements dont elle fait partie, notamment aux niveaux maghrébin, africain, arabe, et méditerranéen. S’agissant de l’Afrique, le NEPAD représente un cadre où les préoccupations relatives à l’environnement figurent en bonne place et où les pays africains assument la responsabilité première de leur développement tout en faisant appel à la coopération de leurs partenaires en développement. La Méditerranée, à laquelle vous consacrez vos présentes assises, et qui par le passé a été un creuset exceptionnel de civilisations, peut aujourd’hui se transformer en espace privilégié de coopération et d’échange entre les peuples des deux rives.

 

Au plan national, l’Algérie a adopté une loi sur l’environnement et le développement durable, qui intègre les préoccupations liées à l’environnement dans sa stratégie de développement économique et social. Cette loi a été complétée par un arsenal d’autres lois portant respectivement sur le littoral, les zones montagneuses, la création de villes nouvelles, les aires protégées, l’aménagement du territoire et les risques majeurs. L’adoption d’une législation nationale, aussi complète soit-elle, ne saurait, cependant, produire d’effets tangibles sans une mobilisation de la puissance publique, à tous les niveaux,et l’implication des entreprises, publiques et privées, de la société civile et du système éducatif pour inculquer aux nouvelles générations les éléments essentiels d’une culture environnementale citoyenne.

 

Je vous remercie.