Allocution sur les résultats de la Conférence de Copenhague

sur « les changements climatiques »

 

 Allocution

 

(Addis-Abeba, Ethiopie, mardi 2 février 2010)

 

  

Monsieur le Président,

 

Le rapport du Premier ministre Zenawi, reflète bien l'esprit d'unité et de solidarité qui a animé l'Afrique tout au long de consultations et négociations ardues qui se sont déroulées lors de la Conférence de Copenhague. Le Premier ministre Zenawi, y a joué un rôle efficace en agissant au nom de l'ensemble des pays africains. Ainsi, l'Afrique a pu parler d'une seule voix et agir à l'unisson, réussissant ainsi à peser sur le cours de la conférence. Bien que n'ayant pas répondu à toutes les attentes de l'Afrique, la Conférence de Copenhague a néanmoins, enregistré des avancées d'importance cruciale pour notre continent.

 

Cependant, et par-delà ces aspects positifs de la réponse collective de la communauté internationale face à la menace que constitue le changement climatique, nous sommes conscients que l'essentiel reste encore à faire. Dans la nouvelle phase de concertation que la communauté internationale s'apprête à ouvrir, l'Afrique aura à affronter encore de nombreux enjeux et à surmonter bien des difficultés.

 

Loin d'être un aboutissement, la Conférence de Copenhague ne doit être considérée que comme un jalon dans la prise en charge par l'ensemble de la communauté internationale de nos problèmes et de nos objectifs. Pour cela, l'action collective africaine doit se poursuivre avec détermination, car nous devons nous impliquer dans le processus de mise en place de la nouvelle architecture financière esquissée à Copenhague et dans le suivi de la concrétisation des engagements financiers afin de canaliser les ressources additionnelles indispensables pour notre continent.

 

De même, nous devons prendre une part active à toutes les étapes des discussions, en vue de plaider pour des engagements contraignants de la part des pays développés en matière de réduction d'émissions, selon des proportions et un calendrier susceptibles de contenir dans les limites du seuil maximal de 2° Celsius de réchauffement de la planète sur le long terme.

 

L'Afrique devra aussi, être partie prenante dans la recherche d'un traitement adéquat de ses besoins en matière de transfert de technologies à des conditions favorables au service des impératifs d'adaptation au changement climatique et de promotion du développement durable.

 

Nous devrions bénéficier de la coopération internationale pour le développement de nos capacités institutionnelles et humaines dans tous les domaines, pour nous permettre une meilleure maîtrise des effets du changement climatique, et nous assurer un développement respectueux de l'environnement.

 

A mon avis, il est très important que l'Afrique apporte une réponse collective à la sollicitation adressée individuellement à chacun de nos pays, par le Secrétaire général des Nations-Unies, pour confirmer notre acceptation du document final publié à l'issue de la Conférence de Copenhague.

 

Ayant parlé d'une seule voix à Copenhague, il me paraît tout à fait indiqué pour l'Afrique, de se prononcer aussi, collectivement sur ce sujet. Il serait bon, également, de confirmer dans leurs responsabilités les mécanismes de coordination et de négociation qui ont mené notre action à Copenhague, pour présenter à notre prochain Sommet des propositions en vue de la stratégie africaine pour la Conférence de Mexico.

 

Le Comité des 10 pourrait, aussi, être chargé du suivi de la mise en œuvre des résultats enregistrés à Copenhague. L'Afrique pourra ainsi continuer à jouer un rôle exemplaire dans cette négociation cruciale et renforcer sa crédibilité et son poids dans les décisions finales.