Message du Président de la République

à l'occasion de la fête internationale du travail

(Alger, mercredi 30 avril 2014)

 

 

Mesdames, Messieurs,

Le premier mai est l'une des dates phares dans le monde du travail,  à travers tous les pays du monde, en ce qu'elle revêt une signification particulière  s'agissant des luttes des travailleurs pour défendre leurs droits et s'affirmer  en tant que bâtisseurs des nations et garants de leur pérennité.

En ce jour marquant, je tiens à me joindre à vous, travailleuses et  travailleurs, qui constituez la pièce maîtresse de la sphère de la production,  de l'industrie et des services dans notre pays, et à vous exprimer mes sincères  et fraternelles félicitations ainsi que mes meilleurs vœux.

En partageant cette fête avec vous, chaque année, j'entends vous dire  la profonde foi que j'ai en votre rôle, la considération qui est la mienne pour  votre apport, ainsi que la haute estime que j'ai pour votre dévouement envers  la patrie que vous n'avez jamais cessé de servir avec abnégation et pour laquelle  vous avez consenti de grands sacrifices à chaque fois qu'il l'a fallu et à chaque  étape cruciale.

Vous n'avez pas hésité à tout sacrifier pour qu'elle recouvre  sa liberté et sa souveraineté et à vous opposer farouchement et vaillamment  à ceux qui ont tenté de lui nuire et de détruire l'Etat Républicain.

Je salue également, la mobilisation exemplaire et l'engagement patriote  que les travailleurs de notre pays ont investi dans l'effort du redressement  national. En effet, durant la décennie écoulée, nous nous sommes attelés ensemble  à panser les blessures et à rattraper les retards accumulés durant les années  de la tragédie nationale, notre pays est parvenu progressivement à retrouver  sa place dans le concert des nations et à retrouver le rôle actif qui était  le sien sur la scène arabe, continentale et internationale.

 

Nous sommes également parvenus, grâce à Dieu, à réaliser des avancées  remarquables sur les plans économique et social, comme en témoignent les résultats  concrets sur le terrain, avancées traduisant la nature et la dimension de l'effort  accompli.

Ainsi, dans le domaine de l'agriculture et du développement rural, l'Algérie  a fait un saut qualitatif appréciable. Dans le domaine des industries et des services, la politique nationale  d'encouragement des investissements a permis de créer un nombre important de  petites, moyennes et micro-entreprises dans les différents créneaux d'activité,  venant ainsi enrichir le tissu industriel national et permettant aussi la création  de nouveaux emplois notamment en faveur des jeunes.

S'agissant du développement humain, et pour satisfaire aux obligations  de notre pays d'œuvrer à la réalisation des objectifs du millénaire, tous  les indicateurs s'y rapportant, tels que l'espérance de vie, le taux de scolarisation,  le taux de raccordement des ménages aux réseaux publics de l'eau, de l'électricité  et du gaz naturel, ont connu un progrès remarquable.

En matière de revenus, les rémunérations des travailleurs ont connu  une nette amélioration, suite aux réévaluations successives qui ont été opérées  depuis 2001, ainsi qu'à la révision de la grille des salaires et du régime indemnitaire  dans le secteur de la fonction publique et des conventions collectives dans  le secteur économique.

Les pensions et allocations de retraite ont également connu une évolution  régulière suite aux augmentations périodiques opérées, soit dans le cadre de  la loi, soit à titre exceptionnel.

Le Pacte national économique et social de croissance approuvé, lors  de la rencontre tripartite du 23 février 2014, par le gouvernement, la direction  nationale de l'UGTA et les associations et organisations patronales, vise à  consolider le processus de croissance nationale de sorte à garantir une vie  décente à chaque citoyen grâce au concours des trois parties prenantes, dans  le cadre de l'Etat de droit et de la justice sociale, et en vertu du principe  de l'égalité des chances dans l'accès à l'emploi.

Ce Pacte énonce également des engagements dans le but de stimuler la  croissance économique. Pour sa mise en œuvre pleine et minutieuse, des dispositions  de suivi et d'évaluation régulière sont prévues.

Mesdames, Messieurs,

L'importance de notre politique en matière de formation et de qualification  des ressources humaines afin de les rendre capables d'exécuter à la perfection  leurs tâches sur les lieux de travail n'est plus à prouver. Les secteurs public  et privé participent, désormais, activement aux efforts de formation professionnelle  en adaptant les profils des apprentis aux besoins du marché de travail. Nous  continuerons, ensemble, à œuvrer à inculquer les vertus du travail et les notions  positives et constructives aux générations montantes, et à lutter contre les  causes du désespoir et de la frustration pour aller de l'avant vers le développement  de l'économie de notre pays et l'activation de tous les mécanismes à même d'assurer  la pérennité de ce développement.

Avec l'aide de Dieu, nous sommes en capacité  de construire un pays fort, moderne et d'avant-garde. Il est donc nécessaire que les efforts des secteurs public et privé  parviennent à augmenter la productivité, en alliant qualité et coûts, ce qui  permettrait à l'Algérie d'accéder aux marchés internationaux en exportant  des produits hors hydrocarbures. Ces deux secteurs doivent, impérativement,  œuvrer ensemble à assurer à notre pays les conditions d'un développement   durable.

La majorité du peuple algérien est constituée de jeunes diplômés,  pour la plupart, d'universités, d'instituts et de grandes écoles, aspirant à  un emploi qui leur permettrait de s'intégrer dans les rouages de l'économie  nationale, ses entreprises et ses projets. L'Etat et les secteurs public et  privé se doivent de veiller, avec application et persévérance, à réunir les  conditions nécessaires pour leur assurer des emplois à travers l'ensemble du  territoire national. Aussi, devient-il impératif, de fédérer les efforts de  toutes les parties concernées pour répondre à cette exigence.

C'est en effet dans cette perspective qu'ont été prises les mesures  particulières que j'ai personnellement instruit le gouvernement de mettre en  œuvre, en vue d'apporter les solutions urgentes et adéquates au problème du  chômage à travers le pays en général, et plus particulièrement dans le Sud.

La bataille pour l'emploi constitue l'un des axes majeurs de la politique  de développement économique et social que nous allons poursuivre. Elle en détermine  l'essence, l'ampleur et l'orientation au service de la prospérité et du bien-être  du peuple algérien.

Aujourd'hui comme hier, cette bataille continuera de mobiliser d'importants  moyens financiers et humains dans le cadre d'un consensus général jamais démenti.

La bataille pour l'emploi ne doit pas nous faire perdre de vue celle,  tout aussi essentielle, liée à la compétitivité des entreprises. Les deux batailles,  il nous faut les mener, simultanément, tous ensemble et pas les uns contre les  autres. A cet égard, le Pacte national économique et social de croissance constitue  le cadre privilégié à travers lequel il faudra mutualiser les efforts de tous  les partenaires, pouvoirs publics, syndicats et patronats public et privé afin  d'optimiser nos chances pour être plus performants, pour éviter les compressions  d'effectifs et pour lutter contre le sous-emploi et la précarité du travail.

S'il appartient à l'Etat de mettre en place toutes les conditions d'accomplissement  de cette noble ambition nationale qui tend à mettre, progressivement au travail,  l'ensemble de la population en âge de travailler, il reste, indéniablement,  de la responsabilité des syndicats et des acteurs économiques de susciter et  de soutenir toute mesure tendant à augmenter, de façon sensible, la productivité  du travail et la compétitivité de l'outil de production, seule voie capable  d'assurer une prospérité viable et durable au pays.

En outre, il est du devoir de chacun des partenaires sociaux d'œuvrer,  dans le dialogue et la concertation, à améliorer sans cesse les prestations  du service public et d'en faciliter l'accès, en toute circonstance, que ce soit  en période normale ou en état de cessation intempestive des activités avec la  garantie d'un service minimum effectif et de qualité auquel ont parfaitement  droit les usagers.

Mesdames, Messieurs,

Les travailleurs, qui sont au centre de  la politique de développement, sont, plus que toute autre catégorie sociale,  interpellés pour veiller à la concrétisation de ses objectifs.

Dans ce contexte, chères travailleuses, chers travailleurs, votre force  de conviction, votre volonté inébranlable et votre inclination à donner sans  compter, nous inspirent sérénité et confiance et légitiment notre ambition d'atteindre  nos objectifs de développement global.

En effet, il vous revient, vous qui êtes imbus des sentiments de fidélité  et de loyauté envers votre pays, de parachever sa construction par le travail  dévoué et la sauvegarde de ses acquis et en vous mettant au diapason des progrès  enregistrés dans le monde en matière de modes d'administration et de gestion  et de moyens technologiques. Ce faisant, vous donnerez corps à la volonté qui  vous anime de rivaliser avec les travailleurs des autres pays en matière de  savoir-faire, de compétences, de performance et de productivité. Vous développerez,  ainsi, notre capacité à réaliser les meilleurs résultats en faisant vôtres les  concepts d'excellence et de supériorité et en étant parties prenantes de la  civilisation humaine en y apposant concrètement votre empreinte.